|
Cette
exposition, conçue par Hubert Salden, se penche sur la problématique des réactions
en chaîne, et sur l’active complexité qui en constitue le cadre. Cependant,
plutôt que de recourir à une technique qui permettrait d’en analyser le
processus, on tentera d’observer au contraire, par des œuvres, des documents,
des images en mouvement , des objets (décoratifs et utilitaires) et des
discussions, de quelle manière celui-ci échappe à tout contrôle. A cela
correspond une histoire non-linéaire au sens général de la participation à
l’entropie. Le jeu du billard en est un paradigme, tout comme l’affaire
Enron. Hubert
Salden a choisi de dresser au centre de l’espace d’exposition une table de
billard, et d’inviter le public à y jouer. Délaissant la manière
traditionnelle de présentation de l’art dans le « white cube »
que constitue l’espace La Plage au profit d’une « zone temporaire
autonome » (au sens de Hakim Bey), par l’utilisation notamment de tapis
de sol et d’un rideau, cette exposition se veut également une réflexion sur
la manière d’exposer. Le long des bandes d’un billard se manifestent des
« adresses croisées », et la vision d’ensemble des figures que
leurs trajectoires dessinent se transforme sans cesse avec l’évolution du
jeu…si bien que l’observateur croirait presque, par son regard, atteindre à
une situation cosmique semblable à celle d’un cosmonaute. Invité à « tirer
(lui-même) les boules », il pourra ainsi conditionner l’analyse du jeu
en influençant directement sa problématique. Dans le contexte de cette
exposition, le principe du carambolage est le suivant : renseigner sur les
principes de résistance et d’inertie. Dans
la stratégie de la bande, le billard dialogue avec une autre table, intitulée
The Game Of Fool, dont le principe est d’en modifier un élément important:
il s’agit d’un prototype, réalisé par Armin Blasbichler, dont
l’inclinaison du plateau change à chaque coup joué. Le
billard était appelé autrefois « le
jeu des hommes muets ». Olivier Zabat rompt ce mutisme en
s’approchant respectueusement, dans sa vidéo artistico-documentaire Zona
Oeste, des codes de comportements de la bande. A savoir la collaboration
efficace d’individus prêts, au besoin, à aller jusqu’au meurtre. Le
schéma de l’irradiation est l’élément central des dessins de Mark
Lombardi, dont quelques-uns prennent place ici sur les murs. La base du travail
de cet artiste new-yorkais : de gigantesques scandales financiers, c’est-à-dire
des « affaires », dont il retrace la genèse et les zones
d’influence. Une interview de l’artiste, réalisée peu avant sa mort, est
présentée en vidéo. Avec
une installation intitulée Batö Lavoär, vaste structure en sagex entourée
d’autocollants en faux bois, Matthieu Pilloud évoque le repaire mythique
d’une bande d’artistes du siècle passé, mais surtout problématise la
structure du lieu où elle s’intègre, et dont elle souligne à la fois les
irrégularités et le caractère « construit » (comme le mythe du
Bateau-Lavoir). L’espace
La Plage accueillera des tables rondes, programmées pendant ses heures
d’ouverture, et auxquelles participeront des personnalités du monde de
l’art et des sciences, sous les titres suivants : « jouer avec les
bandes », « en contrebande », « la débandade ».
Elles seront retransmises sur les ondes d’Espace 2 (Lausanne) et de Radio
Dokumenta (Kassel). Enfin,
le cycle Passion Cinéma a conçu une programmation cinématographique (sur le
thème du complot) qui sera présentée dans un cinéma de Neuchâtel (Apollo).
Les films seront les suivants : -
Me, 19.06 – Sa, 22.06 (à 18h.) --- AVALON (Oshii Mamoru), 106 min., 2001. -
Di, 23.06 – Ma, 25.06 (à 18h.) --- STAND BY ME (Robert Reiner), 89 min.,
1986. -
Me, 26.06 – Sa, 29.06 (à 18h.) --- THE VIRGIN SUICIDES (Francis Ford
Coppola), 97 min., 1999. -
Di, 30.06 – Ma, 02.07 (à 18h.) --- DO IT (Sabine Gisiger et Marcel Zwingli),
97 min., 2000 |